Nos articles

Revue d'Analyse des Vulnérabilités Socio-Environnementales (RAVSE)

DETERMINANTS DE LA CYNOPHAGIE ET RISQUES SANITAIRES ASSOCIES A LA CONSOMMATION DE LA VIANDE CANINE DANS LE NORD-BENIN

Auteur.e.s : AKPO Yeba Olayemi Florence, TOUGAN Polycarpe Ulbad.

Résumé :

La cynophagie est une pratique alimentaire encore présente dans plusieurs régions du monde, y compris le Nord-Bénin. L’objectif de l’étude est d’analyser les déterminants de la cynophagie et les risques sanitaires associés dans le Nord-Bénin. Pour ce faire, une enquête par entretien directe auprès de 100 consommateurs de chien ayant consentis leur participation et de leurs fournisseurs a été réalisée dans les communes de Parakou, N’Dali, Djougou, Natitingou et Tanguiéta à l’aide d’un questionnaire conçu à cet effet. Il en ressort que la majorité des acteurs impliqués dans la filière de la viande de chien au Nord-Bénin présentent un faible niveau d’instruction scolaire. En effet, 65 % des vendeurs et 60 % des consommateurs sont non scolarisés. L’activité principale des consommateurs de viande de chien regroupe l’agriculture (37 %), l’artisanat et la gestion des cultes endogènes (18 %), les études (15 %), la fonction publique et privée (8 %), la transformation agroalimentaire (6 %), le transport, le commerce (6 %) et la charcuterie (5 %). Les races de chiens consommées regroupent la race majoritairement la race locale (85 %) et la race exotique (15%). L’approvisionnement s’effectuant principalement par l’achat (90 %), mais également par l’élevage, le don ou l’héritage familial. Quant aux modes de consommation, ils sont diversifiés et comprend les formes frite, bouillie, braisées et fumées avec une prédominance de la friture. Les déterminants de la cynophagie s’articulent autour de trois dimensions principales. Sur le plan socio-économique, elle est liée au faible niveau d’instruction et à l’accessibilité financière de la viande de chien, perçue comme une alternative abordable face aux viandes conventionnelles. Sur le plan nutritionnel et sensoriel, la viande canine est unanimement appréciée pour sa qualité gustative (100 % des consommateurs) et pour sa contribution au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages (65 %). Sur le plan socioculturel et symbolique, elle est associée à des pratiques traditionnelles et rituelles (18 %), ainsi qu’à des croyances en une protection immunitaire et spirituelle (57 %). Enfin, une proportion plus faible (15 %) consomme cette viande par simple curiosité. Mots clés : Nord-Bénin, cynophagie, déterminants, risques sanitaires, sécurité alimentaire.

Numéro : 4
Date de publication : 31/3/2025